Linky arrive sur Eybens

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Linky arrive sur Eybens

 

 

Nous avons découvert comme vous l’arrivée des compteurs Linky sur la commune dans le journal d’Eybens. La gronde est entrain de monter un peu partout en France contre ses compteurs. Nous avons interpellé nos élus sur cette problématique.

Nous avons essayé de comprendre et apprendre un peu plus sur ces compteurs.

Pourquoi des compteurs communicants comme le compteur Linky

En 2009, l’Union européenne a fixé à ses Etats membres l’objectif de déployer des compteurs d’électricité communicants dans 80% des foyers européens d’ici 2020, dès lors que la mise en place de ces compteurs donne lieu à une évaluation coûts/avantages favorable.
Développé par ERDF, gestionnaire d’une grande partie du réseau de distribution d’électricité, « Linky» désigne la nouvelle génération de compteurs électriques
qui vont être installés en France sur les six prochaines années.
Le compteur « Linky » est un compteur électrique télé paramétrable et communicant, capable de stocker et véhiculer de l’information vers l’amont (gestionnaire de réseaux, fournisseurs, prestataires de services énergétiques, etc.) ou l’aval (clients, équipements compatibles, etc.). Il comprend deux grandes familles de fonctions : la fonction de métrologie (paramétrage / mesure / comptage) et la fonction de pilotage (ex : arrêt ou démarrage de certains usages comme le chauffage ou l’eau chaude sanitaire).

Linky peut apporter des bénéfices de différentes natures :

  • Les interventions et les relevés sont faits par le gestionnaire de réseaux sans déplacement,donc plus rapidement et sans nécessité de la présence du client. 
  • Les fournisseurs d’électricité pourront proposer des offres tarifaires innovantes. 
  • Il facilite l’exploitation du réseau : connaissance des consommations permettant notamment de détecter des problèmes sur le réseau de distribution, insertion des énergies renouvelables, des véhicules électriques… Linky est une des briques technologiques pour évoluer à terme, vers des réseaux électriques intelligents (smart grids). 
  • Enfin, il peut faire bénéficier le client final d’informations plus riches et plus fréquentes sur sa consommation et/ou sa production d’électricité. De manière agrégée, les collectivités territoriales pourraient également avoir accès à une meilleure vision de l’électricité consommée sur leur territoire. 

Le 17 août 2015, la loi relative à la « transition énergétique pour la croissance verte » est promulguée et prévoit la généralisation des compteurs communicants pour l’électricité.

 

L’avis de l’ADEME sur Linky

Le compteur communicant Linky en cours de déploiement apporte des bénéfices en termes de comptage et de gestion du réseau électrique, de maîtrise des pointes de consommation, voire de diminution du contenu CO2 du kWh électrique.
Il offre également de nouvelles opportunités en termes de réduction des consommations
énergétiques en permettant, d’une part, une meilleure information des ménages sur leurs
consommations et d’autre part, en ouvrant la possibilité de mettre en place des services de
maîtrise de l’énergie.

Comment ça communique?

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Le compteur communique en courant porteur en ligne (CPL) sur le réseau électrique jusqu’au poste de distribution le plus proche. Ensuite, depuis ce poste, la communication est faite avec un concentrateur qui est l’équivalent d’un téléphone portable.

Le principe du CPL est de superposer sur le courant 50 Hz des courants à fréquence plus élevée pour transmettre l’information. C’est déjà utilisé avec certains babyphone ou pour relier la TV à la box. Linky fonctionnera avec des CPL de 63,3 kHz et 74 kHz donc en moyenne fréquence.
C’est sur les CPL dans la maison que le débat sur les ondes peut exister.
Les concentrateurs dans les postes sont normalement éloignés de plusieurs mètres des lieux de vie.

Quelles interrogations sur Linky?

Tout étant question de niveau des champs électromagnétiques et de durée d’exposition, il faut regarder ce qu’il en est pour Linky.
Un premier élément de débat concernant ce compteur réside dans le périmètre d’exposition suite à la propagation des CPL dans toute la maison ou non.
En effet, lorsque le compteur génère des CPL pour échanger des informations avec le concentrateur, les CPL se propagent ils dans toute l’installation de la maison ou non ?
Si oui, comme le courant génère des champs électromagnétiques, il y aura à proximité des fils électriques et des appareils électriques des champs électromagnétiques dus au CPL Linky. Si non, les champs seront limités au voisinage du compteur.

Un deuxième élément de débat réside dans les durées d’exposition.
Le compteur génère-t-il des courant CPL uniquement 1 minute par jour en continu pour transmettre les données ou bien émet il des CPL de manière discontinue par impulsions toute la journée. Dans le premier cas, la durée d’exposition est infime et il n’y a pas de problème, dans le deuxième cas, l’exposition est permanente. La question a été posée à ERDF.

Enfin le troisième élément, le plus important, de débat réside dans les niveaux de champs créés.
Le CRIIREM a réalisé des mesures lors des installations test du compteur. Ces mesures ne sont pas publiques. Il a juste été précisé qu’elles étaient conformes aux normes.

 

Position officielle de la Ministre de l’Ecologie

Ainsi la position officielle est la suivante (extrait d’une réponse de Ségolène Royale lors des débats à l’assemblée nationale) :
Une expertise menée par le Centre de recherche et d’informations indépendantes sur les
rayonnements électromagnétiques (CRIIREM), à la demande du syndicat intercommunal de la périphérie de Paris pour l’électricité et les réseaux de communication (SIPPEREC), du
syndicat intercommunal d’énergie d’Indre-et-Loire (SIEIL) et du syndicat intercommunal de
gestion des énergies de la région lyonnaise (SIGERLY), autorités organisatrices de la
distribution d’électricité, a confirmé qu’il n’y avait pas de risque sanitaire aigu ni de risque
d’effets physiopathologiques à craindre en lien avec l’exposition aux rayonnements
extrêmement et très basses fréquences, radiofréquences et hyperfréquences. Il apparaît ainsi que le niveau d’ondes électromagnétiques générées par Linky est conforme à la réglementation en vigueur et qu’il n’y a donc pas de risque sanitaire attaché à l’utilisation de ce compteur.

 

Que pense vraiment le CRIIREM?

Une interprétation décrite comme « très malhonnête » par Pierre Le Ruz, le président du CRIIREM.
En effet, le CRIIREM recommande :

  • Les lieux proches des systèmes CPL et des compteurs télé-relevés sont exposés à des champs électromagnétiques faibles. Une distance de prévention de 2 mètres sera recommandée pour des expositions non impactantes dans les lieux de vie.
  • Les lieux proches des concentrateurs sont exposés à des champs électromagnétiques plus élevés. Une distance de prévention de 5 mètres sera recommandée pour des expositions non impactantes dans les lieux de vie.
  • De plus, ces installations doivent être sécurisées et doivent présenter des pictogrammes de danger et d’interdiction sur la signalétique spécifique aux ondes électromagnétiques pour la Sécurité et la Santé (Directive Européenne 92-58 et arrêté du 04/11/1993).

Le CRIIREM ne peut pas publier son rapport car celui-ci appartient aux donneurs d’ordre qui l’ont commandé.

Dans un rapport de concession du SIEL, on peut lire que les mesures donnent des champs inférieurs à 0,25 microT et 1 V/m, mais on ne sait pas dans quels endroits les mesures ont été faites, ni quels sont les niveaux mesurés. ERDF affiche 0,1 V/m à 20 cm du compteur.

 

CRIIREM interpelle les pouvoirs publics

Tout récemment, le CRIIREM a envoyé une lettre à ERDF, Ségolène Royale, et Marisol Touraine qui dit en substance :
De nombreuses informations très diverses circulent actuellement sur le compteur communiquant Linky. Elles sont souvent contradictoires, non vérifiées, voire erronées, ce qui crée des polémiques et du buzz sur les réseaux sociaux dans lesquels il est difficile de s’y retrouver.
Afin de faire la lumière scientifique sur toutes ces informations, le CRIIREM demande la mise en place d’une réunion à l’ADEME, avec l’ANSES, eRDF, un représentant des fabricants, deux représentants des associations impliquées et le CRIIREM afin de :

  • Définir un protocole et une campagne de mesures.
  • Choisir un organisme indépendant pour réaliser les mesures selon le protocole défini.
  • Synthétiser les résultats afin de décider de leur publication.
  • Saisir la Commission de Sécurité des Consommateurs pour qu’elle donne un avis.

La situation avait été identique en 2008 après la publication des résultats de l’expertise du
CRIIREM sur les ampoules fluocompactes. La réalisation du dispositif susnommé avait permis de mettre en évidence que les ampoules fluocompactes émettaient bien des champs
électromagnétiques importants et la Commission de Sécurité des Consommateurs avait donné des recommandations d’utilisation précises.


Et maintenant?

Aujourd’hui, plusieurs communes ont voté des délibérations contre le déploiement de ces compteurs. Pour Eybens ces compteurs appartiennent à la Métrople.

Plusieurs questions restent encore ouvertes:

  • l’emploi (création ou suppression?)
  • le coût (installation / vraie économie?)
  • les anciens compteurs (35 millions d’ici 2020) que vont-ils devenir?
  • la sécurité des données personnelles?

Nous attendons le positionnement de nos élus. Peut-être lors du prochain Conseil Municipal. A suivre…

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