De l’importance des mots…

 

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De l’importance des mots…

 

“La masse salariale : ce poids qui pèse sur nos dépenses…”
 

Voici une expression qui tend à s’inscrire dans le langage courant de nos jours. On l’entend depuis longtemps dans le monde de l’entreprise. Mais aussi de plus en plus lors des débats concernant le budget des administrations et autres collectivités locales.
Mais est-ce si “anodin” ?

D’abord “la MASSE salariale“. Pourquoi une telle expression pour désigner l’ensemble des salaires des employés?
Car une “masse” c’est un amas, un tas ! Gros? gras??. Or c’est d’êtres humains dont on parle, même si on prétend parler “finances”! Il ne s’agit pas de machines ou de marchandise…
Ensuite, après “masse” c’est alors naturellement que sont employés les termes de “poids“,  et “qui pèse“. Cela accentue encore cette terminologie assez peu flatteuse, pour ces femmes et ces hommes dont il est question, ainsi que de leur travail et leur utilité… dans leur entreprise ou pour les Services Publics qu’ils rendent !

Pas besoin d’y réfléchir longtemps pour réaliser que de tels propos sont néfastes. Néfastes pour les intéressés qui les entendent ou les lisent et qui ne peuvent que se sentir mis à l’index, dévalorisés, traités comme de la marchandise évaluée…au poids justement.
Et néfastes aussi pour nos concitoyens vis à vis de leurs Services Publics, qui ont vite fait de ne retenir que ça : les fonctionnaires ne sont qu’un tas (bien gras) dont le poids (mort?) pèse (trop lourd). Le fameux…mammouth !

On est habitué à ces “expressions” de la part de businessman qui s’adressent à leurs actionnaires. Ainsi que par leurs amis politiciens qui œuvrent pour faire disparaître les Services Publics au profit de services privés que voudraient s’approprier leurs susdits copains businessman.
On déshumanise le sujet. Cela devient un objet, une chose, dont on peut alors sans état d’âme critiquer l’utilité, le coût et pour finir l’encombrement et donc décider d’une action qui sinon est difficile à assumer concernant des être humains : les jeter.

Or, ce sont bien des êtres humains. Et ils ne sont pas un coût, mais bien une richesse. Par leur travail, leurs compétences, leur expérience et leur engagement. Et pour ce qu’ils rendent aux usagers pour ce qui est des Services Publics.

Ceux qui inventent ces expressions savent fort bien l’importance, voire l’objectif, qu’elles ont.
Ceux qui les utilisent devraient toujours eux aussi en avoir pleinement conscience…

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